Axe 4 – L’effet des langues : herméneutique, épistémologie, historicités

Cet axe est coordonné par Franziska HUMPHREYS et Denis THOUARD

 

L’axe transversal du Centre Georg Simmel place au centre de ses recherches la dimension du travail de la langue dans l’élaboration des catégories analytiques de la connaissance. Or la langue, prise en son historicité, est plurielle : il y a toujours plusieurs langues. Les lexiques savants font fond sur des héritages antiques, sur des emprunts, sur des déterminations particulières de la langue courante, qui en extrait un usage terminologique, en sorte que la question des langues s’invite dans la réflexion sur les modes opératoires et les conceptualisations qui permettent de délimiter un champ d’enquête. Mais les aspects syntaxiques n’ont pas moins d’incidence sur le travail scientifique. Loin d’être un instrument indifféremment substituable, loin de servir uniquement la communication, la langue est un marqueur de singularité. Elle joue en cela un rôle décisif, quoique discret et souvent inaperçu, dans la constitution des idées et des réseaux savants. La place de la réflexion sur la langue dans les sociétés est un indice de leur souci de réflexivité. L’attention portée à l’effort de traduction permet un retour critique sur les jeux de catégorisation, qui perdent soudain leur fausse évidence première.

Dans l’édification internationale des sciences humaines et sociales, l’importance de la traduction est encore reléguée au second plan. Ce sont les constructions théoriques qui importent, les outils conceptuels qu’on peut facilement emprunter d’un discours à l’autre. L’attention à la traduction restitue son caractère concret à l’opération intellectuelle, et permet d’établir son historicité.

Tout en prenant compte de la grande diversité des approches et des objets présents dans les recherches du Centre Georg Simmel, l’axe 4 permet de jeter des passerelles entre ces secteurs et assume à ce titre une fonction interdisciplinaire. L’ouverture d’une réflexion commune sur le statut des langues mobilisées lors des recherches de tous permet une confrontation des problèmes et des interrogations qui contribuent à faire du Centre Georg Simmel un lieu d’échanges et d’incitations réciproques.

 

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